Action nationale : opération PROP’ ART, Quand l’art urbain soutient les précaires !

, par Collectif ART 29

En cette nuit du 24 au 25 mai, veille des élections européennes, succédant à la pluie d’étoiles filantes de la veille, une autre pluie, plus brestoise celle-ci mais toute aussi fine, une pluie de salariés du spectacle s’est abattue sur la ville.
A l’appel de la Coordination nationale des Intermittents, Intérimaires et Précaires, le Collectif A.R.T. 29 décida de se joindre à l’action commune nationale en y rajoutant toutefois sa touche personnelle.

Quand l’art urbain soutient les précaires !

Vers quatre heures du matin, une valeureuse équipe - scénographes éphémères - s’est chargée de redécorer l’arbre de métal, ce nouveau symbole du paysage urbain, situé près du pont de Recouvrance, à Brest.
Et ce sont d’étranges fruits qu’ont pu découvrir les Brestois ce matin, en allant voter.
Notre but : transformer l’Arbre Empathique (c’est son nom), en arbre de la liberté d’expression, de la contestation et de la revendication !
Rebaptisé pour un temps «  l’arbre aux précaires », espérons que cet arbre des probabilités devienne un arbre des décisions, de celles qui débouchent sur le non agrément de l’accord du 22 Mars et sur la relance du dialogue social !

Affichage libre

Plus tôt dans la nuit, ce sont d’autres météores du spectacle qui se répandirent dans la cité. A pied, en voiture, pas en tramway car passé une certaine heure celui-ci se repose, contrairement aux travailleurs en lutte qui, eux, ne connaissent que peu de répit, nous sommes partis appairés, l’un à la colle, l’autre aux affiches, délivrer notre message aux citoyens, par l’entremise des panneaux d’expression libre qui nous tendaient, non leurs bras, mais leurs visages. Alors, avec la gestuelle des peintres, nous prîmes soin de les démaquiller de leurs outrances publicitaires.
Mais que serait une aventure nocturne sans l’inévitable rencontre de ces créatures de la nuit qui ne sucent pas que de la glace ?

- Eh, vous auriez pas plutôt une affiche d’alcool ?
- Euh, non. Là désolé.
- Ehhhhhh, vous seriez pas du PS ?
- Non, non. On ne colle pas pour un parti , on appartient à un collectif de travailleurs en lutte.
- Ahhhhhh, c’est bien. c’est marqué quoi ? On ne joue plus. Ahhh. C’est bien. Oubliez pas de coller de l’autre côté, non parce qu’un panneau, ça a deux côtés.
- C’est vrai merci.
- Non, parce que c’est important qu’on voie les deux côtés. Et vous luttez contre quoi ?

Là s’ensuit une tentative d’explication en deux phrases d’une lutte qui a deux mois.

- Ahhhhhhhh. C’est bien ce que vous faites. Mandela il a commencé comme ça, et après zavez vu ce quu’il est devenu ?
- Oui, il est mort.
- Ouaisssssssssss mais avant, il est allé loin, très loin. Il aurait pu aller sur la lune et comme dirait Lance Armstrong : « c’est un petit pas pour l’homme, c’est un grand pas pour l’unanimité » ! Heinnnnnnnn, c’est bien ce que vous faites, on fait un câlin ?
- Allez, d’accord un câlin. Allez bonne soirée.
- Ouaisssssssss. Bonne soirée hein. et m... à tous les partis politiques ! Moi, je suis au FLB ! Depuis une heure.

Et passé ce réjouissant dialogue, nous retournâmes à notre affichage non sans penser à ces mots de Lance Armstrong, qui en descendant de vélo, s’exclama : « c’est un petit pas pour l’homme, c’est un grand pas de travers pour l’homme bourré ».

Deux heures après, notre mission était terminée. Celle de nos camarades de l’arbre à précaires allait débuter. Et en regardant s’éloigner nos magnifiques partisanes, impossible de ne pas songer à Bohringer : « Putain, c’est beau une ville la nuit ! »

Voir aussi le 2e volet de cette action...